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«Tu n’aimes pas alors que tu n’as même pas goûté!» Cette phrase que tout le monde a déjà entendue révèle la complexité du goût: on peut ne pas aimer alors que l’aliment est inconnu.


Face au géant industriel, nous sommes confrontés à un goût qui résumons-le ainsi: manque de goût justement. S’il est connu que des phases de néophobie font partie intégrante du développement de l’enfant, tout comme le goût de l’adolescent est influencé par les pairs et les réseaux (OSAV, 2024) son apprentissage se construit.

 

A l’issue d’une formation continue au cycle 3, en exploitant des outils de divergence, différentes idées concrètes ont émergé, comme se donner l’objectif le développement du goût. Ainsi, même s’il peut être travaillé de manière transversale dans toutes nos séquences, il n’est pas interdit de porter notre attention sur ce point. Et cela commence déjà par formuler clairement l’objectif visé: s’agit-il de décomposer le goût avec nos sens? De comparer deux goûts (gustatif, culturel, durable…) pour donner son avis? De créer un goût d’après des contraintes? D’analyser ce qui donne le goût à la préparation (hormis l’assaisonnement)? De faire varier les techniques ou les proportions des ingrédients pour trouver le meilleur goût? Vous le constaterez: la palette est large.

Les écoles de l’Arpille ont également joué le jeu de travailler sur le goût-er. Celui-ci est un moment devenu incontournable de la récréation. Il est à l’intersection du biologique (se nourrir) et du culturel (les aliments d’un goûter); du privé (vient de la maison) et du public (se consomme à l’école). Trois centres ont travaillé sur la thématique, d’après des approches différentes.

A Martigny-Croix, grâce aux fruits et légumes fournis par l’iFELV, différents goûters ont été préparés. Chaque mois, une classe du cycle 1 collaborait avec une classe du cycle 2 afin de réaliser un encas, comme une tarte aux pommes ou un gâteau aux carottes, une compote pomme-carotte, des beignets, un crumble ou encore des pommes séchées.

A Trient, les 3-4H ont cuisiné les légumes de leur jardin. Nous nous sommes appuyés sur ces aliments plus que locaux pour cuisiner avec eux et aborder «Les légumes du jardin pour le goûter… est-ce possible?»

En commençant par identifier les 5 sens, les élèves ont été confrontés à des aliments connus, comme une framboise ou une pomme, mais aussi à des aliments moins habituels comme une graine de courge sucrée. D’ailleurs nombreux sont les élèves qui ont décrit cette graine comme ressemblant à un caillou. Ceci permet d’aborder nos émotions face à un aliment inconnu voire suspect et de valoriser l’usage de nos 5 sens pour apprivoiser notre nourriture.

Les 5 sens ont aussi été exploités lors d’ateliers culinaires où nous avons tous pu partager un goûter et nous rendre compte que des légumes dans un pan cake ou une cote de bette en chips peuvent faire une bonne récré.

Puis Bovernier a proposé à l’ensemble de ses degrés deux temps d’éducation nutritionnelle.

Au cycle 1, nous nous sommes inspirés des aliments du jardin de Trient pour travailler les sens et la confection d’un goûter avec des légumes.

 

Au cycle 2, il était aussi question du goûter (sa composition, son rôle et sa dégustation), mais abordé sous l’angle du design. C’est ainsi qu’en utilisant le défi «beau, bon et pratique», les élèves de 5-6H ont élaboré des brochettes et des wraps aux fruits ainsi que des boules d’énergie. Ces activités ont notamment permis aux élèves de s’exprimer sur ce qu’ils peuvent entendre dans leur entourage:

«Ma maman cuisine tout, elle veut pas que je mange des additifs.»

«Il faut pas que notre récré soit trop salée ou trop sucrée.»

«Ma grand-maman me dit que si je mange trop vite, je vais grossir.»

S’ouvre alors l’opportunité de discuter, sans juger, du fondement de certaines représentations concernant l‘alimentation.

Ces initiatives, locales et adaptées au contexte, sont autant de petites actions favorisant une éducation alimentaire critique et de plaisir.

Pour l’animation, ce fut un joli défi que de mettre «en cuisine» des classes allant jusqu’à 24 élèves.

Si votre école est intéressée par la thématique du goûter ou plus largement par l’environnement alimentaire, une formation établissement est proposée dans le nouveau catalogue de la HEP-VS. Dans tous les cas, si intérêt il y a pour l’alimentation, n’hésitez pas à nous contacter.

 

Animation pédagogique Economie Familiale/Education Nutritionnelle – HEP-VS

Laetitia Carrera

Vanessa Petoud (cycle 1)

Nadine Roh (cycle 2)

 

Bibliographie:

Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires. (2024). Impact des réseaux sociaux sur l’alimentation des adolescents. Repéré à https://share.google/OTvPTFHNKfA7oJKIk