L’étonnement en citations

 

Etonnement et raisonnement
etonn1

 

Où il y a étonnement, il y a désir d’expérience, de contacts nouveaux et variés. Seule cette forme de curiosité garantit avec certitude l’acquisition des premiers faits sur lesquels pourra se baser le raisonnement.
John Dewey in Comment nous pensons (1910, réédité en 2004 aux éditions du Seuil)

 

 

 

 

 

 

Une pédagogie basée sur l’étonnement
etonn2

Avec l'étonnement va naître pour l'esprit une vie intellectuelle authentique, par lui se trouvent brisées les structures antéréfléxives où le donné et nos attitudes spontanées se trouvent imbriqués. Nous parlons de l'étonnement vrai, celui qui succède à la surprise et où, à la pure passivité de l'agression subie, se mêle l'activité naissante de la recherche. Ce moment fondamental pour la pensée est celui, tout d'abord, où le monde apparaît dans son altérité radicale: par l'étonnement nous nous sentons étrangers dans l'univers qui nous enveloppe.
Louis Legrand in Pour une pédagogie de l’étonnement (Delachaux et Niestlé, 1970)

 

 

 

 

S’étonner que l’étant est…

etonn3

Se connaître soi-même — apprendre à penser — faire comme si rien n’allait de soi — s’étonner, "s’étonner que l’étant est…", ces déterminations de la philosophie et beaucoup d’autres forment des attitudes intéressantes, quoique lassantes à la longue, mais ne constituent pas une occupation bien définie, une véritable activité, même d’un point de vue pédagogique. Créer des concepts, au moins, c’est faire quelque chose. La question de l’usage ou de l’utilité de la philosophie, ou même de sa nocivité, doit en être changée. 
Félix Guattari et Gilles Deleuze in Qu’est-ce que la philosophie? (Les éditions de Minuit, 1991)

 

 

 

 

 

Un processus à étudier et à encourager dans une intention éducative et formative
etonn4

Par sa nature et la logique même de sa survenance, l'étonnement est un geste de pensée qui conservera toujours une part de spontanéité. Quels que soient l'ingéniosité et l'effort déployés par le pédagogue pour recréer les conditions les plus naturelles possible dans lesquelles un sujet est amené à s'étonner d'un phénomène, il n'en demeurera pas moins que cette situation comportera toujours un caractère artificiel. Par définition, l'étonnement quand nous le vivons nous surprend et nous laisse au dépourvu. Il survient toujours là où on ne s'y attend pas et ne prévient jamais. Il est cette faille qui surgit dans la plénitude de nos croyances et au milieu de nos routines d'activités. C'est donc un processus que l'on ne peut tout à fait ni prévoir ni anticiper. Réunir les conditions propices à son irruption dans une intention éducative, c'est déjà élaborer un milieu qui se tient en dehors de la logique des situations naturelles de l'activité. Même lorsque le dispositif de formation est intégré au travail ou au plus près de la logique de l'activité réelle, il n'en demeure pas moins qu'un autre espace que celui de l'activité est créé et mis en place.
Joris Thievenaz in De l’étonnement à l’apprentissage - Enquêter pour mieux comprendre (éditions De Boeck, 2017)

 

Distinction entre étonnement et surprise

etonn5

 

L’étonnement n’est pas la surprise […] Pour être étonné, il faut non 


seulement que ces vivants soient surpris, mais qu’ils soient dérangés dans leurs certitudes, que soient mises à mal leurs conceptions, que soient bousculées leurs représentations habitudinaires par nécessité.
Daniel Hameline in «Petite métaphysique de l’étonnement» (Education permanente, n° 200, 2014)

 

world S'étonner pour apprendre

 

pdf Article paru dans Résonances