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site Team Academy

 

La Business Team Academy, filière de la HES-SO Valais-Wallis, a été lancée en 2017 dans la Maison de l’entrepreneuriat à Sierre sous l’impulsion d’Antoine Perruchoud. Dans le cadre de ce modèle d’apprentissage collaboratif, sans profs et sans notes, mais avec des coachs et des crédits ECTS, les «teampreneurs», c’est-à-dire les étudiants, réalisent des projets réels pour des entreprises ou développent leurs propres projets. Avec la pandémie, comme les autres filières du tertiaire, le programme a évidemment dû s’adapter au mode «à distance».

 

«Il faut oser faire preuve d’autonomie, mais ça s’apprend.» -Mathilde Bourdin

 

Le programme de la Business Team Academy permet d’obtenir un bachelor HES en Economie d’entreprise grâce à un modèle basé sur l’apprentissage par l’action, l’apprentissage en équipe, le développement de 21 compétences et une évaluation à 360°. Dès 2003, via Business eXperience visant à insuffler le virus de la création d’entreprises, Antoine Perruchoud, responsable de la Business Team Academy, avait déjà vu l’importance de l’envie d’apprendre en s’identifiant à un projet, en travaillant de manière autonome et en équipe, mais en découvrant la méthodologie finlandaise «Tiimiakatemia», il a perçu que l’on pouvait construire tout un cursus autour de ces valeurs. C’est dans ce contexte qu’avec une petite équipe il a construit la Team Academy entrant dans le modèle bachelor de la HES-SO. Ainsi que l’explique Antoine Perruchoud, «l’idée, c’était de proposer un modèle alternatif mais dans le système, en laissant plus d’autonomie aux étudiants qui ont dans le même temps plus de responsabilités et doivent en outre accepter de sortir de leur zone de confort». Et il précise: «Avec ces nouveaux profils, la HES a pour objectif d’amener de la diversité sur le marché de l’emploi, sachant par ailleurs qu’une bonne partie des jeunes passés par cette voie créeront leur propre entreprise.» A ses yeux, la construction d’un réseau au fil des semestres est un atout majeur de ce modèle en matière d’insertion professionnelle.

 

«Les débuts peuvent être déstabilisants, car on ne devient pas autonome en un jour.» -Timothée de Riedmatten

 

Timothée de Riedmatten et Mathilde Bourdin, deux jeunes estampillés CoCrea, nom de l’association de la deuxième volée de la Team Academy, ont accepté de croiser leurs regards sur leur formation en version «présentielle» et «distancielle», puisque ces jeunes en fin de cursus ont connu les deux options, ainsi que sur leur parcours scolaire antérieur sous le prisme de l’autonomie.

 


Team Academy signature Mathilde

 

Team Academy signature Timothee

Interview de Mathilde Bourdin et Timothée de Riedmatten

Avant d’être diplômée de l’Ecole de commerce (ECCG-EPP) de Sion et d’effectuer son année de stage au secrétariat de direction à la Haute Ecole de santé à Sion, Mathilde Bourdin a été scolarisée en France jusqu’à sa 3e année de CO qu’elle a suivi à Leytron. Quant à Timothée de Riedmatten, d’abord élève à Troistorrents, il est passé par la case Ecole de commerce (ECCG) de Monthey et un stage au secrétariat de l’Ecole intercommunale de la Vallée d’Illiez. Tous deux sont en 3e année à la Team Academy.

 

Pourquoi avez-vous choisi d’effectuer la Business Team Academy plutôt qu’une filière plus classique?

Mathilde: J’ai entendu parler de cette formation dans le cadre de mon stage à la HES et cela m’a semblé être un parcours plus épanouissant que de retourner sur les bancs d’école dans une filière où l’on écoute généralement beaucoup les professeurs parler, et ce même si on choisit de se former en emploi.

Timothée: Au départ, je voulais travailler dans les ressources humaines et j’ai vu qu’il fallait soit avoir x années d’expérience, soit un bachelor. J’ai donc regardé les possibilités d’études, avec l’envie de trouver une formation plutôt orientée vers la pratique. Quand j’ai découvert l’existence de la Team Academy, étant motivé par tout ce qui est innovant, c’était une évidence pour moi de m’y inscrire.

 

La découverte de la Team Academy a-t-elle été à la hauteur de vos attentes? Avez-vous ressenti de l’étonnement au début?

Timothée: Le grand étonnement que nous avons vécu dans notre équipe, c’est le premier jour de formation environ une semaine après la journée d’introduction où on nous a dit que les coachs nous verraient le mardi alors que les cours commençaient le lundi matin. Le premier jour, nous nous sommes retrouvés entre étudiants sans savoir que faire, tellement habitués à être guidés dans nos apprentissages à l’école.

Mathilde: C’est vrai que durant le premier semestre, c’est surtout une phase d’exploration au cours de laquelle on apprend prioritairement à désapprendre pour pouvoir apprendre autrement. Progressivement, on comprend qu’il y a tout de même un programme de formation.

 

Cette approche est-elle selon vous adaptée à tous?

Mathilde: Au début de la première année, nous étions 16 ou 17 et là nous nous retrouvons à 11, donc certains ont estimé que cela ne leur correspondait pas. Pour se sentir à l’aise à la Team Academy, il faut oser faire preuve d’autonomie, mais ça s’apprend.

Timothée: Il ne faut pas se méprendre, nous préparons un bachelor HES, avec les mêmes exigences que les autres filières. Certains imaginent que sans cours et sans profs, on ne fait rien et qu’on gagne beaucoup d’argent avec nos projets. Les débuts peuvent être déstabilisants, car on ne devient pas autonome en un jour.

 

Le programme de la Team Academy vise 21 compétences. Grâce à cette formation, avez-vous l’impression d’avoir considérablement gagné en autonomie et appris à collaborer?

Mathilde: Je trouve que l’accent mis sur les soft skills  est un des piliers forts de cette formation. Pour travailler en équipe, il est indispensable de savoir gérer ses émotions, son stress, le leadership, etc.

Timothée: Cette formation nous ouvre en effet à l’esprit d’équipe et à l’autonomie, car les coachs nous aident volontiers, mais ne nous poussent pas à avancer dans nos projets. L’enseignement de cet apprentissage en faisant est le suivant: «Si on réussit, tant mieux, mais si on rate, ce n’est pas grave pour autant qu’on a appris de notre échec, de façon à ne pas faire deux fois exactement les mêmes erreurs.»

 

Grâce à cette approche, diriez-vous que la période à distance est moins difficile à gérer que si vous étiez dans une filière plus classique?

Timothée: Lors des sessions de formation, nous avons comme les autres étudiants quelques journées de cours à distance qui sont moins passionnantes qu’en présentiel. Là on voit combien l’enseignement à distance doit imaginer de nouvelles dynamiques. Notre chance à la Team Academy, c’est de pouvoir nous remettre rapidement dans nos projets, sous un angle plus pratique. La période de pandémie actuelle nous apprend l’agilité et la résilience, aussi je me dis qu’il y a certainement de bonnes idées à conserver.

Mathilde: A part les sessions de formation, à distance j’ai l’impression d’être très motivée et concentrée sur la gestion des projets. Ce qui me manque, ce sont les moments informels pour créer du lien social. Avant, nous avions des contacts entre les différentes volées, ce qui n’est plus vraiment le cas. Heureusement il y a le «Houston Call» qui permet à chaque Team Company de présenter l’avancement de ses projets, avec ses apprentissages et ses embûches. Même en digital, cela reste une invitation au réseautage

 

Comment vous projetez-vous dans votre futur professionnel?

Mathilde: Ma seule certitude, c’est que je ne me projette pas dans un job routinier. Dans l’idéal, j’aimerais continuer l’un des projets qui a pour but d’accompagner les entreprises. A côté de cela, j’espère trouver un emploi stimulant.

Timothée: Avec Mathilde, nous souhaitons poursuivre le même projet. Avant j’aurais cherché un poste à plein temps, mais là je m’envisage en «slasheur», cumulant plusieurs jobs, sous forme de mandats. Notre atout à la Team Academy, c’est d’avoir beaucoup de contacts avec différentes entreprises.

 

En quoi consiste ce projet commun?

Mathilde: Il s’agit du projet «Unplugged», qui regroupe cinq «teampreneurs». Notre mission, c’est d’accompagner les entreprises afin qu’elles deviennent des organisations apprenantes. Pour ce faire, nous proposons des ateliers en live ou en digital dans le but de favoriser l’émergence de nouvelles idées ou de nouveaux besoins de formation en mettant l’intelligence collective au centre.

Timothée: Comme on croit à la vision développée dans la Team Academy, nous essayons de transmettre une partie ce que nous apprenons aux entreprises intéressées. La théorie de l’équipe apprenante englobe de nombreuses dimensions, dont la vision partagée, et mérite à nos yeux d’être développée en entreprise pour aider les collaborateurs à mettre en commun leurs expériences.

 

A l’Ecole de commerce, aviez-vous participé à «Apprendre à entreprendre» (Ecole-Economie) dans le cadre des Parties pratiques intégrées (PPI)? Si oui, y voyez-vous un cousinage avec la Team Academy?

Mathilde: J’avais beaucoup apprécié cette expérience. Pour l’anecdote, nous avions réalisé de super verres à vin avec des citations valaisannes dessus et notre projet avait eu du succès. Lors de la journée de présentation à la Team Academy, je m’étais fait la réflexion que c’était un prolongement et un approfondissement de cette démarche.

Timothée: C’était un cours vraiment sympa où l’on apprenait déjà un peu le travail en équipe. Les liens sont d’autant plus évidents qu’en tant qu’étudiants de la Team Academy, nous avons accompagné des projets PPI.

 

Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur votre parcours scolaire antérieur?

Mathilde: J’aimais bien l’école, mais à la réflexion je me dis qu’elle mériterait des améliorations, même si tout n’est pas à modifier. Très tôt dans la scolarité, j’implémenterais un peu de pratique pour nourrir la théorie. Les enfants apprennent vite et la pratique permettrait de donner plus de sens à certains apprentissages en renforçant l’esprit de débrouillardise.

Timothée: Il y a en différents endroits des mini Team Academy avec de jeunes élèves et des projets à leur échelle, et cela me semblerait une piste à creuser pour l’école valaisanne dans son ensemble.

 

Les jeunes que j’interviewe déplorent très régulièrement une autonomie prônée à l’école mais non mise en pratique. En insuffleriez-vous une dose supplémentaire à l’école obligatoire ou au secondaire II?

Timothée: Je pense que l’autonomie et d’autres compétences devraient être davantage développées à l’école pour les générations futures, en lien avec les attentes professionnelles.

Mathilde: A la Team Academy, j’ai appris mais surtout beaucoup évolué en tant que personne en travaillant en équipe et en devant me gérer moi-même. Pour les plus petits, intégrer un peu de cette approche les aiderait assurément à avoir davantage l’envie d’apprendre.

 


Regard d’Aurélie Mayor, alumni de la Team Academy

Après avoir obtenu sa maturité gymnasiale, Aurélie Mayor est passée par un stage en entreprise afin de pouvoir entrer dans une filière HES. Faisant partie de la première volée ayant obtenu son bachelor à la Team Academy, elle travaille depuis la mi-novembre dans une compagnie suisse dans le canton de Vaud.

«En venant du collège où tout est structuré et cadré, le choc a été énorme en arrivant à la Team Academy, car il a fallu que j’intègre que j’allais devoir décider toute seule de mon organisation personnelle. Même si démarrer son premier job à distance ne favorise pas l’intégration dans une équipe, je pense que la confiance en moi acquise lors de cette formation m’aide et m’aidera à m’adapter avec flexibilité aux différents contextes et changements, tout en étant à l’écoute de mes besoins. Le chemin parcouru en trois ans m’a fait grandir, aussi j’ai l’impression d’être plus sereine professionnellement.»

 


Pour en savoir plus

www.teamacademy.ch

 

 


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