Shana Darbellay 

 

 

Pendant ces deux mois, j’ai vu mes élèves évoluer.

Shana Darbellay enseigne en 1H-2H à Monthey depuis la rentrée. Autant dire qu’elle a vécu une année très particulière pour ses premiers pas d’enseignante. Depuis le 13 mars dernier, elle a expérimenté l’enseignement à distance, puis elle a repris le métier dès le 11 mai en présentiel avec des demi-effectifs en alternance, avant le retour de toute la classe à l’école à partir du 18 mai. «J’adore ce métier», lance-t-elle de manière enjouée. Le ton est donné.    

 

Tout d’abord, quelle impression générale garderez-vous de votre première année d’enseignement?  
J’ai eu beaucoup de chance, car je me suis retrouvée dans un cadre idéal, avec des collègues très sympas qui étaient là pour m’aider dans la planification des activités, parce que toute seule j’étais un peu perdue. J’ai découvert des élèves que je ne connaissais pas et qui m’ont permis d’avoir une année scolaire au top. Avant le 13 mars, j’ai mené plusieurs beaux projets avec mon collègue qui enseigne aussi en 1H-2H. Le seul point négatif, c’est que j’ai deux mois de moins en classe que si j’avais débuté une autre année.    

 

Avec l’école à distance, vous étiez dans la même impréparation que vos collègues plus chevronnés. Comment avez-vous vécu cette expérience particulière?  
C’est vrai que nous étions tous débutants et dans le flou. A Monthey, le directeur nous a laissé prendre la première semaine pour apaiser les enfants et les parents, mais aussi pour nous déstresser, tout en nous assurant que nous aurions rapidement une plateforme bien pensée pour l’école à distance. Ce temps d’adaptation nous a permis de réfléchir entre collègues et d’échanger nos idées.    

 

Pour des 1H-2H, n’était-il pas compliqué d’apprendre à distance?  
En classe, mes élèves voulaient tous apprendre pour parvenir à faire les activités des grands, mais à la maison c’était évidemment moins facile de les motiver. J’ai toutefois toujours essayé de trouver des stratégies en leur expliquant que leurs parents étaient les intermédiaires de mes consignes, afin qu’ils comprennent que c’était comme à l’école, mais à la maison. J’ai privilégié le côté ludique. Je demandais par exemple aux enfants de mesurer leur salon avec leurs chaussettes et ainsi l’air de rien ils faisaient des maths. Pendant ces deux mois, j’ai vu mes élèves évoluer, aussi je ne suis pas inquiète pour la suite, d’autant plus que j’ai l’impression que les parents ont joué le jeu de laisser une part d’autonomie à leur enfant dans les activités pour l’école.    

 

Comment s’est déroulée la reprise des cours à l’école?  
La veille de la reprise, j’ai envoyé un message vocal aux enfants pour leur faire savoir comment cela allait se passer pratiquement, car je trouvais important de m’adresser à eux directement. Pour ce qui est des gestes barrières, il n’y avait rien de nouveau, puisque je les avais mis en place avant l’arrivée du coronavirus. Lorsque toute la classe a été réunie, nous avons vécu ensemble un vrai moment de joie. Comme nous avons un magnifique parc à côté de l’école, j’en ai profité pour faire cours à l’extérieur. L’autre jour, avec mes élèves nous chantions «Le coronavirus, c’est plus petit qu’une puce», et, ayant quelques minutes de retard, nous nous sommes retrouvés encerclés par les parents qui applaudissaient.    

 

Qu’est-ce qui est fondamentalement différent à distance et en présentiel en 1H-2H?  
A cet âge, les élèves développent surtout les capacités transversales, aussi communiquer, partager, aider ou prendre le temps de réfléchir avec eux se fait plus difficilement par écran interposé.    

 

Pensez-vous que cette période d’école à distance a permis de tisser des liens plus harmonieux entre école et famille?  
Avec le confinement, j’ai l’impression que tous les parents ont une meilleure image des enseignants. Ils ont mieux compris notre rôle. En ce qui me concerne, j’ai eu des retours positifs de parents quant à mon implication.    

 

Malgré le stress lié au semi-confinement associé à l’école à distance, estimez-vous avoir acquis de nouvelles compétences?  
De nouvelles compétences je ne sais pas, mais par contre j’ai découvert, via la collaboration avec mes collègues ou les groupes sur les réseaux sociaux, mille et une ressources et approches intéressantes qui m’aideront à enrichir mes cours l’année scolaire prochaine.    

 

Propos recueillis par Nadia Revaz

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